Réfléchir

L’invisible, vainqueur de la présidentielle

C’est donc un soupir de soulagement. La candidate du Front national n’est pas élue. Cette défaite annonce des lendemains tumultueux au sein du parti d’extrême-droite. On ne pleurera pas sur son sort, mais gardons l’oeil ouvert, la leader appelle les «patriotes» à joindre «une nouvelle force politique» contre les «mondialistes». Macron, «le banquier»,  le grand vainqueur. Une victoire écrasante à première vue. Mais le diable est dans les détails. Jacques Chirac avait obtenu 85% en 2002, contre Le Pen père. Avec 66% et 20 millions des voix,  pas de quoi pavoiser, même s’il s’agit du second taux le plus haut jamais obtenu. Le nombre de voix pour le FN, lui, a doublé. De 5 millions en 2002 à 11 millions en 2017. À LIRE ÉGALEMENT >>>> Présidentielle, le fil des événements Sur les 20 millions de voix pour Macron, 43% disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen. Avec la plus forte abstention pour un second tour depuis l’élection présidentielle de 1969 et un record absolu de bulletins blancs et nuls déposés dans l’urne, avec 17 millions de voix et avec une couverture médiatique sans précédent sur le sujet, le refus sort vainqueur de ... >>>

7 mai 2017

Du sable dans les bottes

Depuis 2 décennies, nous sommes nourris à une utopie technologique qui nous a fait oublier que, pour reprendre les mots de Philippe Breton, «il n’y a pas de guerre sans guerriers, sans corps à corps». Réalisé par Martin Forgues et Alain Goudreau, Du sable dans les bottes nous rappelle qu’au coeur de ce conflit, il y a eu des hommes et des femmes qui se sont engagés volontairement et que certains d’entre eux sont revenus blessés physiquement et mentalement. Ancien militaire devenu journaliste, Martin Forgues a publié  L’Afghanicide et Le Canada errant sur le sentier de la guerre. Dans une des premières scènes du film, les photos de ses camarades défilent entre ses mains. Celle de Simon Longtin, notamment, premier militaire du Royal 22e Régiment à être tué en Afghanistan. L’image est forte, l’enjeu est de mettre de l’ordre dans les souvenirs. Le film nous plonge dans une quête légitime de cohérence alors que le nuage de poussière n’est, visiblement, pas retombé entièrement depuis le retour des troupes. Pourquoi l’état se désengage de ses soldats ? Poser la question est nécessaire, et la réponse est complexe. Les images d’Afghanistan défilent, mais l’essentiel est dans le difficile exercice de recueillement qu’exige d’aborder ... >>>

22 avril 2017

Le sortilège des animaux à Montréal est une nécropole !

Montréal devient une nécropole pour les pitbulls et une ville sanctuaire pour les immigrants sans papier. Dès que l’horloge annoncera la première journée d’avril 2017, la ville de Montréal partira à la chasse aux chiens de type pitbull avec une gouvernance de main de fer. L’autorité compétante a des pouvoirs confié d’une réglementation fasciste, illégale et non démocratique. Un inspecteur canin qui est un simple fonctionnaire sans expertise légale, peut visiter et examiner toute unité d’occupation et y faire euthanasier la bête, ceci est d’une bêtise humaine. En compassion humaine pour une gouvernance de marketing, Denis Coderre maire de Montréal, déclare sa ville une ville sanctuaire où les immigrants sans papier sont libres d’exister. Certains citoyens sont maintenant à la recherche d’une autre ville sanctuaire pour accueillir leur famille de type pitbull. Même les chats sont à risque d’exécution pour ne pas avoir de licence. Où est le gros bon sens des règlements municipaux qui ignorent l’égalité de la loi? Malgré de nombreuses manifestations et rassemblements dénonçant ce règlement assourdissant, les politiciens et politiciennes de l’administration Coderre traitent maintenant les politiciens et politiciennes ainsi que militants et militantes de Projet Montréal, l’opposition officielle, d’être une secte. Est-ce que la ville ... >>>

29 mars 2017

Série-choc: Le racisme au Québec

Mme El-Ghadban est enseignante en anthropologie, pour l’Université d’Ottawa (anciennement pour l’Université de Montréal). Elle est co-auteure du livre  »Le Québec, la Charte, l’Autre et Après », un ouvrage qui rassemble huit intervenantes de diverses expertises et qui abordent la question du vivre-ensemble,  suite au dépôt du projet de Charte des valeurs. Elle a accepté de nous rencontrer et de répondre à certaines de nos questions. Elle y aborde notamment la question du racisme dit de valeur, tout en proposant diverses réflexions très pertinentes. Certains trouvent difficile d’admettre qu’il puisse y avoir un racisme entourant les valeurs d’autrui. Selon vous, est-ce que cela existe et si oui, quelles sont les ressemblances ou les différences entre le racisme dit biologique ou le racisme dit de valeurs? Dans le racisme, il y a toujours une construction de l’Autre comme étant différent. Cela peut se faire en se basant sur des critères biologiques (la couleur de peau, par exemple), tout comme cela peut se faire aussi sur les valeurs de l’autre. Il y a une différence chez l’autre que nous ne voulons pas traverser ou dépasser, nous ne voyons plus ce qui nous unit. Vous savez, le monde musulman et le monde chrétien sont deux mondes qui ... >>>

23 février 2017

Pour sortir du drame : En finir avec la négligence du collectif

L’attentat contre le Centre culturel islamique de Ste-Foy a déjà fait coulé beaucoup d’encre pour que l’on comprenne et, déjà, excuse le drame qui a eu lieu. Ce qui est désormais le théâtre d’un affrontement sur le problème du racisme ne peut que donner raison de s’inquiéter aux groupes qui tentent de soulever les enjeux de la controverse. ... >>>

1 février 2017

Mourir dans la dignité… à l’étranger

«Je pars à cause de la douleur neurologique, avant tout, mais aussi du handicap, bien sûr, et de l’isolement qui en découle. Il me faut préciser que je suis un cas raté du virage ambulatoire, de nos premières mesures d’austérité.» ... >>>

26 janvier 2017

La délinquance médiatique ? – Réplique du STMan au journal 24h

ll faut s’y attendre, un homme fort comme le STMan n’a aucun problème à soulever un bon débat. Parlons donc de la première page du journal 24 heures en ce 22 décembre 2016 : « Superhéros délinquant dans le métro ». Ce titre sensationnaliste a tout de même le mérite d’être accompagné de la photo d’un jeune homme aux traits menaçants qui porte toutefois un joli chapeau de chat rose – de quoi rassurer. Vous avez peut-être vu ma vidéo (si vous faites partie de l’équivalent de la population de la Norvège, comme le rapporte habilement la journaliste du journal 24 Heures) et vous avez peut-être trouvé cela amusant – tant mieux, je suis heureux de vous apprendre que nous possédons un sens de l’humour un tantinet compatible. Vous avez peut-être également regardé le journal ce matin dans le métro (puisque STMan n’était pas là et qu’il fallait bien regarder autre chose) et constaté que rôdait peut-être parmi vous un individu désobéissant qui donnait des maux de tête à la Société de Transport de Montréal (pour reprendre les mots de l’article de la superbe page 5). J’ai donc, à ce qu’on dit, enfreint dans ces vidéos plusieurs règlements, selon la ... >>>

23 décembre 2016

L’autoritarisme à la française

Il est d'usage, chez les prétentieux de tous bords, de mépriser et de toiser toute référence au 1984 d'Orwell, comme un lieu commun vu et revu, ou une référence trop "mainstream". Pourtant, la seule question qui reste en suspend n'est pas de savoir si l'on fonce droit vers le totalitarisme, mais à quelle vitesse on y arrivera... ... >>>

10 février 2016

Sur la crise des réfugiés: entre le discours et le réel

La crise des réfugiés en Europe a pris une nouvelle tournure cet été lorsque le boom médiatique a forcé la communauté internationale à reconnaître le drame et à discuter de plans d’actions concrets. Les images bouleversantes d’enfants échoués sur les plages grecques et d’autobus surbondés aux frontières des Balkans ont frappé l’imaginaire populaire et le globe s’est vite mobilisé pour tenter de saisir les revers de la crise. Cependant si beaucoup d’encre a coulé depuis, le portrait généralement brossé par les politiciens et les médias demeure pauvrement nuancé et les enjeux débattus autour de la question traduisent un décalage net entre le discours et la réalité du terrain. Réalité d’un camp à Presevo, Serbie J’étais dans un camp à Presevo il y a une semaine, une petite ville serbe à la frontière macédonienne où les réfugiés doivent s’enregistrer avant de repartir vers la Croatie. Les conditions sur place sont pénibles: peu d’installations, un manque de nourriture et d’abris, des températures de plus en plus froides et des files d’attentes longues de plusieurs heures. Je me suis joins à une poignée de volontaires indépendants et à des organisations locales qui tentent de répondre aux besoins des milliers de réfugiés qui transitent ... >>>

6 novembre 2015

Que faire face à une loi spéciale ?

Depuis plusieurs décennies, les négociations du secteur public se déroulent sous la menace d'une loi spéciale. Alors que près de 500 000 travailleuses et travailleurs se dirigent vers des journées de grève, Ils sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur cette éventualité et à chercher davantage d'informations et de solutions. ... >>>

29 octobre 2015

Un automne chaud

Je rêve d’enfants Palestiniens pouvant jouer sur les plages de la Méditerranée sans craindre une pluie de balles. Je rêve d’enfants syriens se réveillants aux sons des oiseaux et non aux sons des bombes. Je rêve d’enfants congolais pouvant s’affronter, au soccer, sur un terrain vague, sans mine. Je rêve d’enfants indiens pouvant manger les fruits et légumes des champs sans risquer de mourir intoxiqués aux pesticides. Je rêve d’enfants mexicains pouvant se rendre à l’école sans risquer de se faire prendre dans une embuscade de narco-traficants. J’ai quelques rêves moins utopiques aussi, je ne suis pas juste pelleteur de nuages. Faut en laissez des nuages, j’aime beaucoup la pluie aussi, et pour la pluie, il faut des nuages. Un peu comme pour voir les étoiles il faut la pénombre. Mais il y a une question qui me trotte en tête malgré tout. Personne n’est contre la vertu, demandons à quiconque s’il apprécie les petits actes d’entraide quotidiens, je crois que généralement les gens aiment ces actes d’entraides. Pourtant, il existe tant de misères, de méchanceté et d’horreurs sur cette planète qu’il arrive un moment où la raison logique découvre ses limites et se rende compte de l’absurde du monde ... >>>

27 septembre 2015

Le sixième pouvoir – Le SPVM s’attaque à la liberté de presse des médias indépendants

Un sixième pouvoir fait son apparition dans les rues et sur les places publiques.  Sa soif de vérité et de justice l’amène à se réapproprier, autant dans ses méthodes que dans l’esprit, la tradition journalistique et ses valeurs.  Le sort que leur réserve ici le Service de Police de la Ville de Montréal ne surprend guère : ses artisan.nes inquiètent l’ordre et ses pouvoirs.  Depuis son émergence en 2011, 99%média, comme plusieurs autres médias alternatifs, indépendants et étudiants, font l’objet d’une répression abusive et systématique.  Cet état de chose ne saurait être toléré plus longtemps. Le #6epouvoir, le film de 99%Média sur les dérives envers la liberté de presse des médias indépendants. Présenté en avant-première dans le cadre de la cinquième édition de Courts-critiques au Centre PHI en collaboration avec Prends ça court . Production 99%Média, 2015. Click on CC for english subtitles Le 15 mars 2014, lors de la manifestation annuelle contre la brutalité policière organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), Jessica Attar rejoint le point de rassemblement pour couvrir l’événement.  Elle est journaliste pour le compte de 99%média depuis plusieurs années et s’est notamment illustrée pour sa couverture du Printemps érable, ainsi que pour sa documentation des ... >>>

17 septembre 2015

Une histoire syrienne

À l’été 2013, Jessica, contributrice à 99%Média, a voyagé à ses frais en Syrie avec une équipe d’observation des droits humains et a documenté les atrocités de la guerre et ses effets sur la population civile, particulièrement les enfants. Jessica a presque perdu la vie quand une balle tirée de «sniper» l’a ratée de près. Elle a aussi été soumise à un long interrogatoire et au harcèlement de la GRC et du SCRS en rentrant en sol canadien. «Une histoire syrienne» est un court documentaire narratif qui décrit la quête de Jessica pour la justice sociale, en tant que photojournaliste qui a couvert les manifestations pendant la grève étudiante de 2012 au Québec et qui compare maintenant cette injustice à celle qu’elle a vécu en Syrie.   Prix 2015 Best Opening Film – CAP SPARTEL FILM FEST –  Tanger, Morocco – 2015 Award of Excellence – CANADA INTERNATIONAL FILM FESTIVAL  – Vancouver, BC., Canada – 2015 Projections et festivals 2014 Portobello Film Festival London, UK – 2015 Festival Cèdre Universel Du Court-métrage -Azrou/Ifrane, Morocco – 2015 Festival Globale Bogotá -Bogota, Colombia – 2015 Festival Internacional de cine Social CLM (FECISO)  – Toledo, Spain – 2015 Festival Image et Vie  – Dakar, Senegal – 2015 Promo Fest – Madrid, Spain – 2015 ... >>>

30 août 2015

En chaque électeur sommeille un citoyen

À la chaîne télévisée France 24, lors du débat du 28 février 2014, on apprend que presque la moitié des 18-25 ans prévoit mener une vie pire que celle de leurs parents et que ce sera encore pire pour la génération d’après; que la moitié, si ce n’est plus, participerait à des évènements semblables à ceux de Mai ’68 pour améliorer leur sort [1]. On observe des remises en question de l’ordre politique et économique en place de plus en plus récurrentes; il est fréquent de voir au journal télévisé des images de contestations; Chine, Hong Kong, Mexique, Portugal, Grèce, Espagne, Angleterre, Turquie, partout la crise de la confiance envers les politiciens semble se transformer en fin de la confiance envers ceux-ci. Arthur Létourneau-Vachon Dans un vidéo publié par l’École du Management de Normandie, on apprend que toute une génération, la mienne, pose problème au patronat. Nous sommes stigmatisés comme étant fainéants, remettant constamment en question l’autorité. C’est comme si nous savions que nous vivions à une époque merdique, où s’enchaînent scandales, mensonges, corruptions, enveloppes brunes, et autres magouilles derrière les rideaux de ce que décrivait l’essayiste Guy Debord comme étant la société du spectacle et que l’élection ne permettait que ... >>>

6 août 2015

Our Last Hope

I am an immigrant. I left my home country in 2006 in search of a better life. I left because I could no longer stand the lack of accountability of the politicians and elite leaders of my home country. Lebanon, my country of birth, witnessed a “civil” war from 1975-1990. I was born and raised during this time. All I ever knew of the world as a child was this bloody war. I, and others of my age, grew up with the hope of a better world free of fear and the impunity of those with power. After the war, the same warlords and criminals, who created the humanitarian crisis, that usually results from war, became the politicians and leaders that governed Lebanon. Warlords and criminals became the government. Corruption and impunity of abuse of power became the norm that we all accepted because we could do nothing against it without risking our lives. And being the activist and humanitarian that I am, I could take it no more… So I left… Leaving behind all my friends and family, all my good memories, all my experiences of love and nature and culture, to find a place where expressing my thoughts ... >>>

1 août 2015

Je suis un activiste raté

« Coudonc, où est le gars qui était censé filmer? », me demande Marjo. Je réponds avec un haussement d’épaules que je ne l’ai pas vu. Plus tard, j’apprendrai que mon collègue de 99%Média a dû s’occuper d’un de ses amis qui avait eu un accident. Mais sur le coup, c’est sûr, je pense que c’est de ma faute. Rien de ce que j’ai fait n’a marché. Même pas foutu de remplir un autobus de 50 places. Je devais avoir l’air pathétique au salon du livre anarchiste avec ma pile de tracts que je n’avais pas le courage de distribuer. Il y a des fois où je surmonte ma gêne, mais là, ça n’allait vraiment pas. Je n’ai pas été plus brillant aux événements du FRAPRU. Bon, quand même un peu. Je suis allé vers les gens que je connaissais et j’ai même abordé des militants qui étaient descendus de Québec pour le camp. Étaient-ils là, à la manif? Je ne peux pas le savoir parce que notre autobus, qui est parti un peu juste de Montréal, est arrivé en retard à l’Hôtel Hilton et il faut commencer nos discours sans attendre. Crime que j’ai honte de ne pas arriver ... >>>

9 juin 2015

Série-Choc: Le choc des civilisations: le Québec et les musulmans

Lise Garon est politologue et professeure associée au Département d’information et de communication de l’Université Laval. Nous l'avons interviewé en mars dernier dans le but de parler du ''choc des civilisations'', un thème qui revient parfois dans l'actualité et qui est chéri par certains. Nous croyons qu'à l'heure où le projet nationaliste québécois est défendu par plusieurs et où la guerre au terrorisme emmène son lot d'horreur en provenance de pays dit musulmans, il peut devenir intéressant de s'attarder à ce thème. ... >>>

27 mai 2015

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