Lettres ouvertes

Bouteflika, dégage !

Dimanche 3 mars, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a présenté sa candidature aux élections du 18 avril avec la promesse de ne pas terminer sa présidence, d’entreprendre des réformes politiques et d’organiser de nouvelles élections dans le délai d’un an. Telle a été la réponse du régime aux multiples manifestations qui ont eu lieu dans toute l’Algérie depuis le 22 février, mais cette réponse aggrave encore plus la crise du régime qui prolonge d’une année son agonie afin d’avoir le temps de trouver un candidat de l’oligarchie qui dirige le pays. Bouteflika, 82 ans, est gravement malade et se trouve dans un hôpital suisse pour des raisons qui n’ont pas été expliquées. Il ne s’est pas présenté en public depuis 2014 et lors des précédentes élections en 2015, il n’a participé à aucun meeting en raison de son état de santé. Bouteflika sera le candidat du Front de Libération Nationale, le parti qui a mené la guerre de libération et gouverné le pays depuis son indépendance en 1962 et il est le visage public de l’oligarchie bureaucratique qui dirige l’Algérie par la corruption et l’autoritarisme. Sous prétexte de la guerre civile que ce pays a vécue dans les années 90, ... >>>

11 mars 2019

L’Éducation anti-sociale

Le vendredi 22 février 2019 vers 10h15, tous les étudiants et étudiantes de l’UQAM ont reçu un courriel assez étonnant de la part de la direction de l’institution. Ce courriel était en réponse au mouvement de grève qui fait rage un peu partout au Québec et particulièrement à l’UQAM : « concertation avec les responsables académiques et les instances concernées, en œuvre pour valider l’atteinte des objectifs de formation par les étudiantes et L’Université, en devra au moment voulu évaluer ces impacts et statuer sur les mesures à mettre les étudiants », pouvait-on lire. « Dans le cas précis des stages, […] il n’existe aucune garantie que les périodes de stage manquées pourront être reprises ou complétées. » Le coup de semonce était lancé. La direction menace ainsi indûment les étudiants que, s’ils font la grève, il est possible que leur session ne soit pas validée. Laissant planer le doute à savoir si la session sera reconnue ou non, elle ne clarifie pas plus les paramètres entourant la décision ou encore si les frais de session seront remboursés. La direction juge ainsi convenable de menacer les élèves que leur avenir pourrait être compromis si la mobilisation sociale collective devait se ... >>>

27 février 2019

Lettre ouverte : De mensonges à mensonges

C’en est assez. La goutte qui fait déborder le vase, elle est tombée lorsque j’ai ouvert mon Facebook tout à l’heure et que les organisateur-trice-s de la manifestation « La planète s’invite au Parlement » ont mentionné le fait que la nouvelle ministre de l’Environnement allait être présente. Les organisatrice-teur-s croient encore que le gouvernement sera le moteur de changement pour le climat. Comment peut-on être aussi dupe? Comment peut-on se voiler la face de cette manière? Le gouvernement Legault a été clair dès le début par ses actions, mais aussi par les gens qui composent son équipe : l’environnement est subordonné au profit. Si l’environnement nous empêche de faire des profits, l’environnement prendra le bord. L’une des premières déclarations du gouvernement caquiste a été de retirer la protection d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. Puis, de relancer et d’encourager encore plus vigoureusement l’exploration pétrolière et gazière en Gaspésie. Aujourd’hui, nous apprenions que Youri Chassin, défenseur assumé des grandes pétrolières, allait finalement faire partie de l’équipe ministérielle du gouvernement Legault. Je réitère, comment peut-on, avec toutes ces évidences, continuer à croire que ce sera le gouvernement qui changera quoi que se soit aux problèmes climatiques? De surcroît, le Premier ministre actuel est le fondateur ... >>>

9 novembre 2018

Blocage du site de Junex

Mise-à-jour : Le titre original de  cet article portait la mention «Zone à défendre», ZAD. Des lecteurs nous ont  contacté pour nous mentionner que ce n’était pas une terminologie adéquate.  Suivant leur suggestion, nous avons remplacé ce terme par «blocage» qui est plus juste pour décrire cet action. Merci à ces lecteurs de nous avoir souligné ce point. Ce texte et la vidéo en tête d’article ont été envoyés à 99%Media depuis le lieu de l’occupation. A 20km de Gaspé, plusieurs activistes se sont rejoint.es pour organiser le blocage et l’occupation de Galt, le site de la compagnie pétrolière Junex. Les activistes environnementaux occupent le site et empêchent le passage des employé.es de la compagnie. Parce que nous sommes contre l’extraction du pétrole dans son système de reproduction de la violence coloniale Parce que nous refusons de laisser Junex explorer, fracturer, stimuler, injecter afin d’extraire les ressources de la terre Parce que le pari catastrophique de Junex met à risque l’entièreté de ce territoire Notre camp durera aussi longtemps que nécessaire et les projets violents de la compagnie seront bloqués pour toujours.  Le groupe a réalisé un appel large aux activistes et aux communautés autochtones afin de les rejoindre derrière ... >>>

8 août 2017

Pour sortir du drame : En finir avec la négligence du collectif

L’attentat contre le Centre culturel islamique de Ste-Foy a déjà fait coulé beaucoup d’encre pour que l’on comprenne et, déjà, excuse le drame qui a eu lieu. Ce qui est désormais le théâtre d’un affrontement sur le problème du racisme ne peut que donner raison de s’inquiéter aux groupes qui tentent de soulever les enjeux de la controverse. ... >>>

1 février 2017

Mourir dans la dignité… à l’étranger

«Je pars à cause de la douleur neurologique, avant tout, mais aussi du handicap, bien sûr, et de l’isolement qui en découle. Il me faut préciser que je suis un cas raté du virage ambulatoire, de nos premières mesures d’austérité.» ... >>>

26 janvier 2017

En chaque électeur sommeille un citoyen

À la chaîne télévisée France 24, lors du débat du 28 février 2014, on apprend que presque la moitié des 18-25 ans prévoit mener une vie pire que celle de leurs parents et que ce sera encore pire pour la génération d’après; que la moitié, si ce n’est plus, participerait à des évènements semblables à ceux de Mai ’68 pour améliorer leur sort [1]. On observe des remises en question de l’ordre politique et économique en place de plus en plus récurrentes; il est fréquent de voir au journal télévisé des images de contestations; Chine, Hong Kong, Mexique, Portugal, Grèce, Espagne, Angleterre, Turquie, partout la crise de la confiance envers les politiciens semble se transformer en fin de la confiance envers ceux-ci. Arthur Létourneau-Vachon Dans un vidéo publié par l’École du Management de Normandie, on apprend que toute une génération, la mienne, pose problème au patronat. Nous sommes stigmatisés comme étant fainéants, remettant constamment en question l’autorité. C’est comme si nous savions que nous vivions à une époque merdique, où s’enchaînent scandales, mensonges, corruptions, enveloppes brunes, et autres magouilles derrière les rideaux de ce que décrivait l’essayiste Guy Debord comme étant la société du spectacle et que l’élection ne permettait que ... >>>

6 août 2015

Leçons de «Leçons de P2015»: éviter l’intellectualisation de la lutte cet automne

L’épisode printanier marqué par le hurlement des loups et les morsures des louves n’aura peut-être été au final qu’un «stunt» publicitaire. Plus efficace à imprimer des macarons qu’à poursuivre la révolution permanente, P2015 laisse un héritage sombre dans l’histoire des luttes sociales internationales. Décimons d’emblée une confusion entourant le printemps 2015: le printemps n’a pas eu lieu. Souvenez-vous de la réalité vécue sur le terrain: -30°C en avril, 20°C en mai! Clairement, les stratèges politiques n’étaient pas les mêmes qu’un certain après-midi ensoleillé de mars 2012. À cette époque, l’organisation du mouvement était légitime, le pouvoir était centralisé, le carré rouge facile à découper et l’enjeu de la grève était impossible à détourner… Mais que dire de ce fameux «nous» revendiqué par P2015? Alors que les associations étudiantes légitimes et reconnues par l’administration de l’UQAM s’efforçaient de respecter tant bien que mal les injonctions votées démocratiquement par le juge, des «commandos masqués» se sont organisés afin d’intimider et de violenter les cours. Et lorsque le recteur légitimement élu par la «communauté uqamienne» fit appel au SPVM pour rectifier la situation, un comité printemps 2015 s’organisa dans le DS afin de boire de la sangria et de danser comme s’il n’y ... >>>

27 juin 2015

Manifeste pour une occupation globale

Le printemps 2015 n'a pas dit son dernier mot et le mouvement Occupy renaît de ses cendres. Un campement «autogéré» a été installé sur les terrains du CÉGEP Saint-Laurent le matin du 20 avril. Nous publions ici l'intégral du «chapitre 1 » du «Manifeste pour une occupation globale» qui accompagne l'installation de cet espace qui «prône l’importance de la collectivité, la participation citoyenne, la vie en communauté et la solidarité» dans le but d'illustrer «la possibilité d’exister autrement» et invite à «garder le cap». Un document à lire et partager. ... >>>

20 avril 2015

Lettre ouverte à Denise Bombardier

Citoyennes et citoyens engagés, issus de milieux autochtones et non-autochtones, nous prenons aujourd’hui le temps de répondre aux propos tenus par Mme Denise Bombardier le mercredi 21 janvier dernier dans la section blogue du Journal de Montréal. Dans son texte La culture autochtone qui tue, Mme Bombardier écrit, encore une fois, sur un sujet qu’elle ne connaît pas, un amalgame de concepts, des généralisations grossières, qui lui permettent d’affirmer que la culture autochtone est "mortifère" et "antiscientifique". ... >>>

4 février 2015

LETTRE OUVERTE: Les coupures dans les programmes sociaux sont inacceptables: mobilisons-nous!

Selon le calendrier avancé par le gouvernement Couillard, la Commission de révision permanente des programmes devrait lui remettre sa première série de recommendations sous peu. Au sein du mouvement d’action communautaire autonome (ACA), l’inquiétude est palpable. Les rumeurs et les multiples ballons médiatiques n’ont rien fait pour calmer les esprits et tous s’attendent au pire: des coupures tous azimuts légitimées par l’obession gouvernementale d’en arriver à un déficit zéro à très court terme auront un impact majeur sur les organismes d’ACA. Le premier ministre Couillard a beau tempérer les visées de certains de ses ministres, comme ce fut le cas la semaine dernière avec Carlos Leitao (qui voyait dans les organismes communautaires un moyen de sous-traiter à rabais une partie de sa mission sociale et ainsi obtenir des économies d’échelle), la clameur est trop persistante pour qu’il réussisse à rassurer les organismes d’ACA. Surtout lorsque le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, répète à qui veut l’entendre que le principal objectif de l’austérité est de « repositionner l’État québécois », c’est-à-dire réduire drastiquement et à tout prix la taille et le rôle de l’État, pour des questions idéologiques qui estiment que la richesse ne peut être créée que par ... >>>

10 novembre 2014

Pour faire avancer la paix : combattre le militarisme canadien

C’était, il y a quelques jours, la Journée internationale de la paix (21 septembre). Alors que sévissent de nombreux conflits dans le monde, une question simple se pose : comment pouvons-nous, ici même au Québec et au Canada, contribuer à favoriser la paix dans le monde? Par la bouche du gouvernement Harper – et sans opposition significative à la Chambre des Communes – une voie nous est proposée. C’est celle, simpliste et destructrice, du militarisme : dans un monde où de graves dangers menaceraient notre sécurité, il faut s’armer et livrer de nouveaux combats, supposément glorieux. Depuis plusieurs années, rien n’est épargné pour nous enfoncer profondément dans cette voie. Mentionnons d’abord, la politique de « défense », nommée Le Canada d’abord, qui annonce, en 2008, des dépenses militaires de 490 milliards de dollars sur 20 ans, pour accroître l’effectif des Forces canadiennes et les doter des engins de destruction aériens, maritimes et terrestres les plus sophistiqués qui soient. Récemment, on apprenait que cela inclurait une importante flotte de drones armés. En lien avec ce programme d’acquisitions militaires sans précédent, le gouvernement Harper fait la promotion d’une nouvelle prospérité économique fondée sur l’expansion de l’industrie militaire et « de sécurité » ... >>>

27 septembre 2014