La transparence opaque du régime néolibéral

Place du Peuple 2014

Place du peuple 2014

« On vous aime », crie un jeune manifestant en direction de Jean-René Dufort et de son caméraman. Derrière lui, une femme commente : « Moi, celui que je voudrais voir et embrasser, c’est Jean-François Lépine ». Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées cet après-midi à la Place du peuple (alias square Victoria) pour manifester leur attachement à la société publique Radio-Canada.

Il n’y a pas à dire, ça ne tourne pas rond dans le domaine de l’information. Au cours de la fin de semaine, j’ai assisté au congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Samedi matin, au panel «Déverrouiller l’accès à l’information », je n’aurais pas aimé être à la place de Jean Chartier, le président de la Commission d’accès à l’information, que j’ai vu se tortiller sur sa chaise devant les récriminations des journalistes excédés d’être entravés dans leurs demandes d’accès, lorsqu’ils enquêtent sur des villes ou des organismes publics. « La fonction publique bloque l’accès », admettait même le ministre Bernard Drainville lors du précédent gouvernement, selon un participant. Le constat est clair : peu importe le parti au pouvoir, le système devient de plus en plus opaque. Jean Chartier a cité les obstacles législatifs qui l’empêchent de faire les changements proposés par les journalistes. Au dîner, c’est le ministre Jean-Marc Fournier qui s’est adressé aux participants du congrès pour lire un texte dans le jargon néolibéral de la « bonne gouvernance » renvoyant la balle au milieu des journalistes, où malgré tout ce qui est fait, « la perception demeure » qu’il n’y a pas de transparence.

Il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche une fois de plus à mettre le couvercle sur la marmite. Le ministre demande de patienter, d’attendre une prochaine consultation publique. Pendant ce temps, les journalistes sont surchargés, deviennent surnuméraires, sont coupés. Et dans le camp des administrations corrompues, l’argent ne manque pas pour embaucher des firmes de relations publiques et des relationnistes de presse pour contrôler le message.

Le gouvernement fédéral a donné le ton en bloquant l’accès de la presse à sa fonction publique. Le palier provincial devient clairement aussi contrôlant. Rien ne va plus pour le droit à une information libre et éclairée. Sauf, bien sûr, ici dans la marge, d’où on a un excellent point de vue sur la face sombre du système.

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