Le Collectif Refusons l’Austérité dit non au profilage politique

Samedi le 29 novembre dernier, le profilage était évident alors qu'une brigade du SPVM, solidement armée, a suivi un groupe de manifestants durant plus de 2 heures.

Pourquoi le Collectif Refusons l’Austérité a-t-il ressenti le besoin de publier une telle directive ?

Nous avons des directives contre le profilage politique depuis quelques années. L’idée de la rédiger en bonne et due forme émane de discussions lors de l’organisation de la manifestation.

Quand vous dites «nous», de qui parle-t-on exactement ?

La plupart des manifs sont organisées et encadrées par plusieurs organisations, c’est le « nous » dont je parle, incluant la FTQ.

À la suite de la manifestation du 20 septembre 2014 contre le projet de loi 3, 99%Média avait souligné que plusieurs personnes avaient dénoncé un comportement perçu comme étant du profilage politique. Certaines d’entre elles ont soupçonné le service d’ordre de complicité. La question du profilage durant cet événement a même fait l’objet d’un court-métrage documentaire de MADOC. Qu’avez-vous à répondre à ces critiques ?

Vous dites qu’il y a une perception de profilage de notre SO [service d’ordre, NDLR]. Le terme perception est bon. Les directives sont claires à chaque manifestation. Le docu de MADOC frise la mauvaise foi, comme si nous étions de ligue avec les policiers et que tout serait organisé d’avance. De remettre en doute dans ce sens les discours et les propos de dirigeants syndicaux est insultant.

Pas de profilage du service d’ordre, donc. Mais y’a-t-il eu profilage de la part des policiers selon vous ?

Il y a eu du profilage lors de cette manifestation ainsi que lors de la manif du 29 novembre avec le contingent Printemps 2015.

Comment avez-vous réagi ?

Nous avons interpellé les policiers contre cette pratique lors de la marche.

Quel a été le résultat de ces discussions avec la police ? A-t-elle donné des explications pourquoi elle a ciblé ce contingent ?

Nous n’avons pas réussi à entrer en contact avec les policiers lors de la marche, mais leur raison est toujours la même : «empêcher qu’il y ait de la casse».

Nous avions un numéro de téléphone d’une agente de médiation, mais nous n’avons pas réussi à la rejoindre pendant la marche. Parler aux policiers de l’escouade antiémeute ne donne pas grand-chose, ils ont leurs directives.

Nous avons donc laissé des messages et nous avons discuté avec un commandant dans les jours qui ont suivi.

Les manifestations sont loin d’être terminées. Qu’allez-vous faire si la situation se répète dans les prochains mois ?

Nous ferons la même chose : en parler avec les policiers avant la manif, les alerter pendant la manif et en rediscuter avec eux après la manif.

Que répondez-vous aux critiques de ceux qui considèrent que la Coalition devrait condamner fermement le profilage politique sur la place publique ?

Pour ce qui est des critiques, il devient de plus en plus difficile de défendre des personnes qui nous accusent de tous les torts de la terre concernant les manifs et qui oublient qu’elles-mêmes prônent la diversité des tactiques.

La question du dévoilement de l’itinéraire est un sujet sensible qui revient à chaque manifestation. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

Nous donnons l’itinéraire pour des raisons de sécurité et de logistique d’autobus lors de grandes manifs nationales et ne le donnons pas lors d’activités de blocage économique, par exemple le grand dérangement du 26 novembre dernier.

Nous invitons les gens à manifester avec nous et nous appuyons certaines manifs des autres, comme celle du 31 octobre [de La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, NDLR] . Nous espérons simplement le même respect que celui que nous portons aux autres. Toute personne voulant militer avec nous sera toujours la bienvenue.

L’important est de lutter contre ce gouvernement et d’utiliser plusieurs moyens pour y parvenir.

propos recueillis par Michaël Fortin


Document : la politique du Collectif, envoyée aux bénévoles

Cliquer pour accéder à profilage_politique.doc.pdf


 

Vidéo: Solidarité !/? de MADOC


 

Vidéo : Le bruit des bottes, 99%Média


Vidéo : Fin de manif, 29 novembre, par Boucrate


Pour aller plus loin

Guet des mouvements marginaux – Profilage politique à Montréal

Le SPVM poursuivi pour «profilage politique»

​La Ligue des droits et libertés accuse le SPVM de profilage politique

La Commission populaire sur la répression politique 

 

 

1 Comment on Le Collectif Refusons l’Austérité dit non au profilage politique

  1. lautaro Ovando // 4 décembre 2014 á 22:31 //

    Je corrobore les dires de ce représentant..en tant que citoyen j’ai suivi le policiers anti-émeute en les filmant car je trouvais ça bizarre que sur 250mil personnes ils aient choisi de suivre qq’s centaines qui par hasard entonnaient des slogans anticapitalistes et un peu plus à gauche… j’ai vu une dame demander, à un rep. du SO, pourquoi les policiers suivaient ainsi et la réponse m’a rassuré … « ah ça madame c que les police font du profilage politique c’Est rien d’autre » il l’a dit haut et fort pour que l’entourage et les policiers l’entendent… et avec un ton indigné… a mon avis c’est une sorte de dénonciation de ce comportement et pour moi, c’est aussi le SO qui ce dissocie de cette tactique méprisable.

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