Fonderie Mueller: fermeture sauvage

Un texte de Samuel Touchette

Selon Philippe Brière, toute la machinerie, l’inventaire et les contrats sont vendus à l’entreprise états-unienne East Jordan. « La direction était au courant de la transaction depuis 10 jours. Ils ont attendu jusqu’aux vacances pour nous le dire… C’est une fermeture sauvage. »

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Rassemblés devant leur lieu de travail, le 30 décembre à moins 20 degrés Celsius, quelques ouvriers espèrent que leur cause sera entendue par un investisseur local pour que leurs emplois soient sauvés.  Pour Sylvain Gauthier, ça ne serait pas logique et ça coûterait plus cher de détruire le bâtiment et de décontaminer le sous-sol pour construire de nouvelles infrastructures que de continuer d’exploiter cette usine.

Philippe évoque même la possibilité que les employés deviennent actionnaires de l’entreprise : « Je serais prêt à gagner une piasse ou deux de moins de l’heure mais je ne voudrais pas avoir les mêmes boss dans les jambes! »

La fonderie fabriquait des produits d’acier utilisés pour la réfection des systèmes d’eau potable et eaux usées, notamment les bouches d’égout. Selon le regroupement Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), la fermeture de l’usine serait  la conséquence du « Buy American Act », une loi adoptée par le Congrès américain en juin dernier qui stipule «que les matériaux de construction achetés par les municipalités pour les projets de modernisation d’infrastructure d’eau potable et d’eaux usées, par exemple les tuyaux et raccords et bouches d’égout, doivent provenir majoritairement des États-Unis, empêchant par le fait même tout produit de fabrication canadienne d’être exporté pour des projets aux États-Unis.»

Des sous-traitants auraient étés engagés pour « vider la cour » lundi le 5 et mardi le 6 janvier.  Les manifestants espèrent une mobilisation citoyenne ces jours-là pour éviter le démantèlement de la fonderie. Le MEQ invite les leaders politiques à adopter une «politique de réciprocité». Une telle politique, affirme-t-il, «aurait empêché la fermeture de l’usine de St-Jérôme».

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