Des humains, des écoles, un puissant cri du coeur

Des parents, professeurs et professeures, et élèves (dont un qui porte une pancarte "L'école publique mérite mieux") foment une chaine humaine devant l'école Saint-Gabriel-Lalemant à l'invitation de l'organisme Je protège mon école publique.

Rue Garnier, Villeray. À quelques pas de l’Hôpital Jean-Talon, la mobilisation se traduit par un certain succès à l’école Saint-Gabriel-Lalemant. Devant la façade de l’école, de 70 à 80 personnes lanceront main dans la main leur cri du coeur pour que cessent ce qu’elles perçoivent comme des attaques envers leur école.

Des parents, professeurs et professeures, et élèves foment une chaine humaine devant l'école Saint-Gabriel-Lalemant à l'invitation de l'organisme Je protège mon école publique.
Entre 70 et 80 personnes ont participé à la mobilisation devant l’école Saint-Gabriel-Lalemant. Photo: Pierre-Luc Daoust

Rencontrées par 99%Média, deux organisatrices de ce chapitre de l’événement expliquent leur travail de mobilisation. «Ma plus grosse crainte, elle était liée au caractère multiethnique du secteur, admet Diane Cusson. On rencontre souvent des personnes d’origine immigrante qui ne se sont pas familiarisées avec les enjeux locaux et qui se sentent donc peu concernées par ce qu’on dénonce. Il y a aussi beaucoup de parents hispanophones qui ne parlent pas le français, on doit donc les inviter à demander à leur enfants de leur lire nos tracts. C’est un défi.» À ses côtés, Geneviève Church. Toutes deux sont membres du conseil d’établissement de l’école en tant que parents. Dans la plupart des écoles, les organisateurs ont eu accès à la banque d’adresses de courriel des parents alors que cet accès leur a été refusée, explique Mme Church. Avec un autre parent, elles ont donc dû distribuer des tracts et de l’information «à l’ancienne» aux autres parents. Mesdames Church et Cusson se réjouissent sans hésiter du succès de l’événement. Conscientes que l’horaire de la manifestation, quelques minutes avant le début des classes, est un élément favorable, elles sont optimistes pour les prochaines occasions, dont celle annoncée pour le 1er octobre.

Plusieurs enfants rencontrés par 99%Média sur place savaient d’ailleurs pourquoi ils étaient là. L’auteur de ces lignes a notamment pu discuter avec un jeune de sa définition de la justice pour tous, qu’il a rapidement et de lui-même associé à une école où «tout le monde peut aller même s’il n’est pas riche».

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La mobilisation bat son plein à l’école Sainte-Cécile. Photo: Isabelle Lévesque

Non loin de là, dans Rosemont, les participants et participantes des écoles Rose-des-Vents, Marie-Rollet et Saint-Jean-Vianney (à ne pas confondre avec le collège privé) unissaient leurs forces pour faire une longue chaine humaine de plus de 250 personnes le long de la rue Beaubien. Un chiffre qui sera égalé à Verdun par les gens de l’école Notre-Dame-de-la-Garde à eux seuls, rapporte Anne-Marie Turmel sur Twitter. Des communautés scolaires n’ont toutefois pas eu le même succès: notre collègue Pascal Piché, présent à l’école Père-Marquette, souligne que seulement une dizaine de personnes s’y sont mobilisées. Du côté de la région de Québec, des écoles de Limoilou et du quartier Saint-Sauveur ont offert des « performances » de plus d’une centaine de personnes.

Plusieurs personnes de la scène parlementaire furent d’ailleurs présentes, principalement du Parti Québécois, de Québec solidaire et du Bloc Québécois.

À l’origine du mouvement

Questionnée par Alain Gravel, sur les ondes de la Première chaîne, la porte-parole du mouvement Pascale Grignon a chiffré ses prévisions de participation à 20 000 personnes partout au Québec. Mme Grignon explique que le mouvement a commencé à l’école Saint-Jean-de-Brébeuf. Un groupe de parents, agissant hors des cercles syndicaux, eut l’idée des chaines humaines afin de dénoncer les compressions budgétaires et de réclamer un réinvestissement en éducation. Selon elle, le message passe très bien auprès des parents. Rejetant l’idée suggérée par M. Gravel à l’effet que tout cela ne soit qu’un coup d’épée dans l’eau, Mme Grignon souligne que l’éducation primaire n’a jamais été un sujet qui a fait son chemin à travers les manchettes alors que le concept symbolique des chaines humaines nombreuses lui a donné un souffle et l’a projeté à l’avant-scène.

Des enfants instrumentalisés?

Tel que rapporté par la plupart des médias de masse, le ministre de l’Éducation François Blais a concentré sa réplique sur la présence d’enfants lors des manifestations, accusant les parents de les instrumentaliser à des fins politiques. Ses détracteurs, surtout sur les réseaux sociaux, n’ont pas perdu de temps avant de soulever des photos de politiciens libéraux entourés d’enfants et envoyées aux médias avec des communiqués de presse officiels.

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  1. Cri du coeur pour l’école publique « Blogue « Pierre-Luc Daoust, photographe

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