Articles by Michaël Fortin

«Lespouère» s’illustre en Louisiane

Sous l’égide du Festival Les Percéides les cinéastes de la Gaspésie qui participent au 13e Festival Cinema on the Bayou à Lafayette dans le cadre du projet Action Louisiane Gaspésie! se sont démarqués hier soir en remportant trois Prix lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Acadian Center for the Arts. Le prix du jury du meilleur court-métrage documentaire à Cinema On The Bayou Film Festival 2018 a été décerné à Lespouère de Moïse Marcoux-Chabot. Le film est un portrait du militant écologiste Bilbo Cyr, poète et slameur gaspésien, qui parle de sa région comme il l’habite: avec passion et poésie, mais aussi avec colère. Il défend et fait vivre son territoire par la parole, son arme de prédilection, semant du rêve dans la terre et les esprits. Lespouère avait été présenté en première montréalaise à Courts critiques. Le film est disponible gratuitement sur le site du réalisateur. Une performance de Bilbo Cyr sur la scène de Courts critiques, après la projection du film en première. Source : Festival Les ... >>>

29 janvier 2018

CIBL : les employés d’abord

On l’a dit sur toutes les tribunes et de bien des façons : CIBL est essentiel dans le paysage médiatique montréalais. « Le journal que vous lisez, la station de radio que vous écoutez, les nouvelles télé que vous regardez et les influenceur.e.s que vous suivez portent toutes et tous, d’une certaine façon, la marque de CIBL.» peut-on lire dans la lettre ouverte publiée par les employés au lendemain de l’annonce. Ces derniers font aujourd’hui les frais de décisions passées. Au-delà de la fatalité évoquée de la crise des médias et de la baisse des revenus publicitaires, des questions subsistent. Car il y a aussi et surtout, la manière de faire : on annonce que les comptes sont à sec, on vire les employés «jusqu’à nouvel ordre» à la fin des vacances de Noël, en leur précisant qu’il faudra attendre quelques jours pour les rencontrer afin de leur expliquer plus en détails les raisons de leur mise à pied. Voilà une manière de faire qui soulève l’indignation quand elle provient d’un employeur privé, crise médiatique ou pas. Où sont les acteurs de la gauche pour dénoncer ces mises à pied sauvages, au-delà du concert de voeux pieux pour la santé ... >>>

10 janvier 2018

TVAGate : leçons à retenir pour les médias indépendants

Nul doute que le reportage de TVA Nouvelles portant sur le chantier près de mosquées a eu des effets dévastateurs et qu’au moment d’écrire ces lignes, il existe encore des auditeurs croyant à la thèse avancée par ce reportage bâclé, malgré les correctifs venus trop tardivement. Il y aurait long à dire sur les conséquences néfastes autant pour les communautés visées injustement que pour la société québécoise déjà fragilisée sur le plan identitaire. L’espace public québécois est aujourd’hui vicié, l’absence d’éthique est trop souvent la norme et la méfiance de l’Autre est visiblement une source de revenus. L’apothéose Avec la baisse des revenus publicitaires qui les plonge dans une crise “généralisée”, l’air du temps chez les médias est au topo sulfureux générant de  » l’engagement » sur les réseaux sociaux et cherchant à attirer des clics sur la publication. Ce reportage s’inscrit dans une suite logique depuis 2006, année où éclata la crise des accommodements raisonnables, mettant en scène des thèmes identitaires et en constitue en quelque sorte l’apothéose. lI n’y a pas que l’information qui est devenue une marchandise; la haine prête à être distillée l’est également, un carburant capable d’allumer des incendies devenant vite hors contrôle. Une fois la machine emballée, rien ne semble en effet l’arrêter. L’effet multiplicateur des réseaux sociaux agit comme un verre grossissant, donnant ... >>>

20 décembre 2017

Harcèlement dans les arts : des pratiques révolues en cause

Les réactions ont été vives suite au reportage de Radio-Canada à propos des accusations de harcèlement psychologique envers le comédien Gilbert Sicotte. Certains, comme le chroniqueur Patrick Lagacé, ont mis en doute la gravité des accusations en évoquant “la brusquerie ordinaire“ et que cette dernière serait “ inhérente au métier“. D’autres n’hésitent pas à parler de lynchage public envers un monstre sacré du théâtre. Mathieu Bock-Côté évoque une guillotine assoiffée incapable de s’arrêter après une révolution. De telles dénonciations ne constituent pas une première au Canada. À Toronto en 2008, des étudiants de la George Brown Theatre School avaient dénoncé les abus de pouvoir dont ils ont été victimes. Face à la machine qui a cherché à taire leur mouvement, ils ont compilé les témoignages et les preuves dans un document intitulé “A legacy of trauma”. Ce document est un véritable récit d’horreur cumulant abus de pouvoir, harcèlement psychologique, atteintes à l’intégrité physique et harcèlement sexuel. À propos spécifiquement de ces « méthodes d’enseignement» révélées par les étudiants de la Georges Brown Theatre School, le directeur de l’Ecole nationale de théâtre du Canada, Gideon Arthurs, est formel. Il s’agit selon lui de pratiques condamnables présentes sous différentes formes dans la communauté artistique ... >>>

17 novembre 2017

Vimy retrouvé : les couleurs de la mémoire

Vimy retrouvé, Denis McCready, offert par l’Office national du film du Canada Une jeune femme se rend au Mémorial de Vimy pour créer une empreinte du nom de son arrière-grand-père, tombé au combat. Ce dernier avait rempli un carnet d’esquisses et de réflexions pendant les préparatifs en vue de la bataille pour reprendre la crête de Vimy. Ces esquisses, se muant en images d’archives colorées, nous plongent au cœur du quotidien des soldats du Corps canadienne. Réalisé, écrit et produit par Denis Mcready à partir d’archives de l’ONF de la Première Guerre mondiale colorisés, le film évite les écueils du nationalisme qui a souvent teinté l’évocation de cette bataille et propose avec délicatesse et sur un ton intimiste une réflexion portant sur la mémoire et ce rapport que nous entretenons avec ceux et celles qui nous ont précédés. « Tu étais de la première vague, mais après le coup de sifflet, personne ne sait ce qu’il t’est arrivé ». Un trou noir dans une histoire familiale qui n’empêche pas l’arrière-petite fille de porter le souvenir de son aïeul : « je sais que tu es toujours ici». Les films originaux ayant été tournés à 18 images par seconde avec une ... >>>

7 novembre 2017

Racisme & défilé : faut qu’on se parle, de Montréal-Nord

Le défilégate est un événement significatif, moins dans l’image à proprement parlé – on a tous compris le malheureux hasard de circonstances – que de la façon avec laquelle il a été géré, communiqué, et les effets en termes d’affects perçus. Et si le véritable scandale était ailleurs ? Les participants étaient volontaires. Une idiotie, une gaffe malheureuse, un concours de circonstances. Bien d’accord. Mais encore ? Cette saisissante vidéo a créé une tempête parfaite dans un imaginaire collectif déjà lourdement chargé sur les questions du racisme, du vivre ensemble, de l’identité collective. Cette tempête a été si puissante, comme si elle avait fait remonter à la surface, en quelques heures seulement, tous nos paradoxes enfouis. Personne n’est sorti indemne. On pourrait se battre à l’infini sur Facebook, cantonnés sur nos positions, un débat sans fin à la manière de cette vidéo qui y roule en boucle. Ou rebondir et profiter de cette occasion où le dialogue est ouvert pour une implication citoyenne, positive, permettant de s’entendre autour d’un objectif commun, le bien-être des premiers concernés. Ces jeunes Québécois et Québécoises de Montréal-Nord et de Saint-Michel sur qui tous les regards se sont portés, que vivent-ils dans leur quartier ? Un témoignage ... >>>

25 juin 2017

Commodity Trading; premier prix au Montréal Underground Film Festival 2017

Le premier prix de la 12e édition du Montréal Underground Film Festival (MUFF) a été décerné au film expérimental et politique Commodity Trading (Part 1 of 3): Election Day.  Monté avec des extraits de manifestations, de cinéma-vérité et de pellicules filmiques  de tous formats, super 8, 16mm, 35mm, le film de l’américain Michael Woods est une charge visuelle dense et troublante qui ne laisse aucun répit au spectateur, un puissant témoignage artistique du malaise en Amérique. Le film avait été présenté en première canadienne à la neuvième édition de Courts critiques en janvier dernier. «Ce film a ébloui le jury avec son grand sentiment d’urgence, laissant le spectateur avoir l’impression d’être hypnotisé au milieu de grands bouleversements historiques qui se produisent juste devant ses yeux, en temps réel. C’est un film très bien conçu, dont l’aspect méditatif nous transporte dans une spirale en chute libre,  possède un flux et un rythme précis qui expriment un esprit très hip-hop, dans sa démarche personnelle et politique, et qui offre une voix aux sans voix.» Michael Woods se définit comme un «terroriste média». Commissaire et co-fondateur du groupe Disassociative Collective, son travail consiste en manipulations de bandes analogues et collages numériques qui résultent en films éclatés, denses et possédant une ... >>>

21 mai 2017

Inondations : «act of God» ou non?

Les inondations qui accablent le Québec sont-elles vraiment un «Act of God» ou la conséquence en partie d’une mauvaise planification et d’une stratégie de productivité accrue basée sur des bassins à pleine capacité ? Le débat fait rage entre Hydro-Québec et Russel-Aurore Bouchard, écrivaine et historienne québécoise habitant la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, auteur notamment de L’été du « Déluge »: Journal intime d’un insoumis / Les 90 jours… de mensonges qui ébranlèrent le Saguenay, un ouvrage disponible en ligne.  Selon elle, le gouvernement n’a pas su tirer les leçons du Déluge du Saguenay: « Ce qui est en train d’arriver, de l’Outaouais à la Gaspésie, avait été pourtant prédit maintes et maintes fois par les oiseaux de malheur, mais, comme toujours, l’Hydro-Québec et ce gouvernement d’incapables qui lui sert de couverture n’auront rien fait pour nous préserver de la menace.» Pour l’instant, le Premier ministre Phillippe Couillard évite la question :  « Les autorités qui prennent ces décisions sont conscientes du fait que, quand tu ouvres le barrage, nécessairement tu augmentes le débit. Mais c’est probablement mieux ça que de voir le barrage déborder […] Ça aurait des conséquences encore plus graves. » Pour Mme Russel-Aurore Bouchard le problème est ailleurs : «Nous savions déjà, voilà un mois, que les ... >>>

9 mai 2017

L’invisible, vainqueur de la présidentielle

C’est donc un soupir de soulagement. La candidate du Front national n’est pas élue. Cette défaite annonce des lendemains tumultueux au sein du parti d’extrême-droite. On ne pleurera pas sur son sort, mais gardons l’oeil ouvert, la leader appelle les «patriotes» à joindre «une nouvelle force politique» contre les «mondialistes». Macron, «le banquier»,  le grand vainqueur. Une victoire écrasante à première vue. Mais le diable est dans les détails. Jacques Chirac avait obtenu 85% en 2002, contre Le Pen père. Avec 66% et 20 millions des voix,  pas de quoi pavoiser, même s’il s’agit du second taux le plus haut jamais obtenu. Le nombre de voix pour le FN, lui, a doublé. De 5 millions en 2002 à 11 millions en 2017. À LIRE ÉGALEMENT >>>> Présidentielle, le fil des événements Sur les 20 millions de voix pour Macron, 43% disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen. Avec la plus forte abstention pour un second tour depuis l’élection présidentielle de 1969 et un record absolu de bulletins blancs et nuls déposés dans l’urne, avec 17 millions de voix et avec une couverture médiatique sans précédent sur le sujet, le refus sort vainqueur de ... >>>

7 mai 2017

Du sable dans les bottes

Depuis 2 décennies, nous sommes nourris à une utopie technologique qui nous a fait oublier que, pour reprendre les mots de Philippe Breton, «il n’y a pas de guerre sans guerriers, sans corps à corps». Réalisé par Martin Forgues et Alain Goudreau, Du sable dans les bottes nous rappelle qu’au coeur de ce conflit, il y a eu des hommes et des femmes qui se sont engagés volontairement et que certains d’entre eux sont revenus blessés physiquement et mentalement. Ancien militaire devenu journaliste, Martin Forgues a publié  L’Afghanicide et Le Canada errant sur le sentier de la guerre. Dans une des premières scènes du film, les photos de ses camarades défilent entre ses mains. Celle de Simon Longtin, notamment, premier militaire du Royal 22e Régiment à être tué en Afghanistan. L’image est forte, l’enjeu est de mettre de l’ordre dans les souvenirs. Le film nous plonge dans une quête légitime de cohérence alors que le nuage de poussière n’est, visiblement, pas retombé entièrement depuis le retour des troupes. Pourquoi l’état se désengage de ses soldats ? Poser la question est nécessaire, et la réponse est complexe. Les images d’Afghanistan défilent, mais l’essentiel est dans le difficile exercice de recueillement qu’exige d’aborder ... >>>

22 avril 2017

L’entreprise de déneigement de l’A13 liée au PLQ

L’actualité des derniers jours nous rappelle à quel point le monde politique est petit. Le groupe Roxboro Excavation, en charge du déneigement de l’autoroute 13, avait été cité lors de la Commission Charbonneau. Ses gestionnaires furent de généreux donateurs pour le Parti libéral du Québec. L’autoroute 13 est la seule dans la région dont le déneigement est entièrement confié à une entreprise privée en sous-traitance. Dans un article daté de 2009, le journal La Presse souligne qu’ «en 2000, Roxboro Excavation a plaidé coupable de collusion avec quatre autres entreprises de déneigement. Leurs soumissions trafiquées visaient des appels d’offres du ministère des Transports du Québec (MTQ). Roxboro Excavation a payé une amende de 121 700$ pour cet acte criminel, plus une somme réclamée au civil par le MTQ mais demeurée confidentielle dans une entente à l’amiable datée d’avril 2009.» Ce qui n’a pas empêcher les dirigeants d’être de généreux contributeurs du Parti libéral du Québec. «En 2008, tous les administrateurs de l’’entreprise, Daniel, Michel, Raynald, Roger et Yvon Théoret, ainsi que le fondateur Jean-Guy Théoret, ont versé le maximum permis par la loi électorale, soit 3 000 $ chacun, à la caisse du Parti libéral du Québec. L’’année suivante, le ... >>>

16 mars 2017

Une École syrienne des médias pour donner la parole aux jeunes réfugiés

Dès le mois d’avril 2016, l’équipe de la Fondation Je veux jouer (jeveuxjouersyrie.org), avec la collaboration du Wapikoni mobile, met sur pied une École syrienne des médias pour les jeunes réfugiés syriens en Turquie dans la ville de Gaziantep. La permanence de cette école sera ensuite assurée par l’organisation Rozana (rozana.fm), déjà présente sur le terrain en Turquie et en Syrie. Les activités de cette école débuteront avec deux ateliers de formation audiovisuelle donnés par des cinéastes-accompagnateurs du Wapikoni mobile (wapikoni.ca), organisme du Québec donnant une voix à la jeunesse autochtone par le cinéma et dont l’approche terrain et la méthodologie sont transposables dans le contexte des camps de réfugiés. Le premier atelier de deux semaines sera donné à des adolescents syriens réfugiés en Turquie pour qu’ils apprennent à réaliser des courts métrages et se familiarisent avec l’équipement audiovisuel. Le deuxième atelier, axé sur la méthode « apprendre en créant » du Wapikoni, formera des professionnels syriens dans la vingtaine déjà à l’aise avec l’audiovisuel pour qu’ils forment à leur tour d’autres jeunes réfugiés de Turquie ou de Syrie. L’École verra ensuite à former de jeunes syriens en matière de cinéma, télévision, médias interactifs, journalisme, animation, radio, photographie, etc. « Toutes ces formes d’art médiatique permettront aux jeunes ... >>>

31 mars 2016

Une nouvelle plateforme pour la presse indépendante

Initiative de Médi@s libres, un «collectif d’autodéfense communicationnelle et d’intervention sociale du GRIP-UQAM», le portail infos.media «vise à rassembler en un même lieu une multitude de médias d’informations indépendantes pour stimuler leur visibilité». ... >>>

23 mars 2016

ONF : 50 % du budget de production dans des films réalisés par des femmes

L’Office national du film du Canada (ONF) veillera à ce que la moitié au moins de ses productions soient réalisées par des femmes et à ce que la moitié de son budget total de production soit allouée aux projets de réalisatrices, a annoncé le président de l’ONF Claude Joli-Coeur à l’occasion d’un panel auquel il participait au Festival Vancouver International Women in Film le 8 mars, Journée internationale des femmes. ... >>>

8 mars 2016

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