Une nouvelle plateforme pour le court-métrage
26 mars 2017

À l’occasion de leur neuvième édition dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois qui a eu lieu le 26 février 2017 à la Cinémathèque québécoise, les Courts critiques lancent leur plateforme de diffusion de courts-métrages indépendants. «Il y avait une forte demande pour revoir les films après l’événement» selon le fondateur de Courts critiques, Michaël Fortin.

Consacrés aux courts-métrages engagés, Courts critiques sont aussi des événements qui présentent des prises de parole et des performances. Ces dernières sont aussi archivées sur le site. «Cela permet de revivre un peu les soirées» ajoute Michaël Fortin.

Mais la plateforme propose beaucoup plus qu’un retour sur les événements. Il s’agit d’un véritable catalogue offrant un point de vue éditorial sur le court-métrage engagé. Le catalogue compte une centaine de titres et l’équipe travaille à augmenter la quantité de films disponibles au gré des éditions, mais aussi par l’acquisition d’oeuvres qui sont en raisonnance avec les objectifs du catalogue.

Une des difficultés est l’accès aux films et la diffusion sur le web d’oeuvres qui circulent dans les festivals. Courts critiques espèrent bientôt offrir un service de vidéo à la demande pour contourner ce problème et offrir une rétribution juste aux artistes. «Les films en libre circulation sur la plateforme attirent un public parce que la plupart s’adressent à des communautés fortes. Nous espérons une synergie permettant d’initier le public à des films plus difficiles d’accès en dehors du réseau des festivals».

Investir le web, donc, mais aussi reconnaître cette culture du web sur le grand écran. En parallèle, certains oeuvres découvertes par Courts critiques ont circulé dans les festivals. C’est le cas notamment avec «Une histoire syrienne», un film qui a été présenté dans près de 40 festivals à travers le monde après sa première à Courts critiques.

Sans devenir un distributeur, l’organisation Courts critiques désire se créer un bassin de films qu’elle compte promouvoir et faire connaître aux festivals.

«Il est temps également que les festivals cessent de bannir les films diffusés sur le web et comprennent que l’expérience sur grand écran est complémentaire et non concurrente d’une diffusion sur Internet. Au contraire, un visionnement sur l’Internet peut suscité un intérêt pour le revoir sur grand écran. C’est une dynamique extraordinaire qu’il faut exploiter et c’est ce que nous faisons, à courts critiques, ça fonctionne, nos salles sont pleines !» rajoute Michaël Fortin.

Un point de vue éditorial, donc ? Oui. «Dans le milieu de l’art et de la création, la vidéo indépendante est prisonnière d’une conception formaliste et conceptuelle alors que le paradigme change. Nous croyons que nous vivons à une époque où l’engagement, le social, est de retour dans l’art et la création. Je n’ai rien contre l’art conceptuel, mais elle doit cesser d’imposer son diktat à l’ensemble des pratiques et des façons de diffuser la vidéo et le cinéma indépendant». Il y a maintenant une façon de dire et de faire qui est très convenue, une sorte de formule fast-food dans l’art contemporain qui s’accapare l’univers de la création vidéo et cinématographique.

Depuis une dizaine d’année, l’art conceptuel tourne à vide. Le terme «images en mouvement» largement employé dans les milieux universitaires, les galeries et les centres d’art est symptomatique de ce vide de sens, selon Michaël Fortin. Il est temps de nommer les choses comme elles sont, plutôt que de se laisser tenter par une approche holistique de la création.  En ce sens, parce qu’il est en raisonnance avec l’air du temps, Courts critiques est déjà un incontournable du court-métrage et du cinéma, dans un univers diversifié, incluant la vidéo expérimentale que Courts critiques diffusent dans un autre contexte que celui auquel nous sommes habitués.

Pour la conceptrice de la plateforme, Clémence Lecoq, le défi était de construire une interface permettant de concilier à la fois les événements et les films en plus d’être un catalogue de référence. Le site permet en un coup d’oeil d’avoir une idée claire de ce qui constitue Courts critiques. Spécialiste du design UX, la conceptrice a crée une navigation simple, épurée. Cette approche encourage la découverte,  sans sacrifier le catalogage rigoureux des oeuvres qui restent hébergées chez les auteurs. Elle visait également à mettre en lumière le design graphique de Courts critiques, conçu par Madoc. Selon elle, le fait que «l’identité visuelle de Courts critiques soit très forte» a permis de pousser plus à fond la proposition, «c’est d’autant plus facile et motivant car l’équipe de Courts critiques sait très bien où elle s’en va» ajoute-t-elle.

 

Le site web est disponible à l’adresse suivante : www.courtscritiques.com

 

 

 

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