Migration

Des milliers de personnes dans les rues de Montréal contre la haine et le racisme

Des milliers de manifestants ont répondu à l’appel d’une coalition de plus d’une centaines d’organismes et ont défilé pacifiquement dans les rues de Montréal le dimanche 12 novembre. La coalition appelait à défiler contre le « racisme, le colonialisme, le machisme, la transphobie, l’islamophobie et à toutes les formes de haine véhiculées par l’extrême-droite». La manifestation visait également à s’opposer au capitalisme et l’austérité « à l’origine de la misère et de l’insécurité grandissante dans notre société » selon la coalition regroupant plus de 150 organisations signataires. La statue de John A. Macdonald ciblée Durant la nuit, le monument historique dédié au premier des premiers ministres du Canada, John A. Macdonald, situé au centre ville sur la Place du Canada a été aspergée de peinture rouge. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, les individus derrière cette action symbolique ont précisé «ne pas être affiliés avec la manifestation mais ont décidé de cibler la statue de John A. Macdonald comme clair symbole du colonialisme, du racisme, et de la suprématie blanche.» John A. Macdonald est depuis longtemps décrié notamment pour son racisme anti-francophone. Le premier premier ministre du Canada est considéré comme l’architecte de politiques qui ont directement mené à ... >>>

13 novembre 2017

Pendant que l’Europe sécurise ses frontières

  Alors que l’hiver s’installe, l’Europe resserre son accueil aux réfugiés. Chaque mois, des nouveaux murs sont érigés et des politiques discriminantes forcent des milliers de réfugiés «non conformes» à errer aux frontières de l’Union.  Depuis novembre, tous ceux n’étant pas Syrien, Irakien ou Afghan sont systématiquement refusés aux frontières macédonienne, serbe et croate. Par ailleurs, la Commission Européenne a présenté ce mardi un plan pour renforcer la sécurité à ses frontières: l’objectif est de remplacer l’agence Frontex, qui gère présentement les frontières de l’Europe, par une Agence permanente de Garde-côte et de Frontières, qui jouirait d’un budget et d’un effectif deux fois plus important. Elle permettrait, selon Bruxelles, de limiter les flux migratoires et de sauver l’espace Schengen. Hors, pendant que l’Europe se tient ainsi occupée à discuter de la sécurité à ses frontières, les réfugiés sur la route sont laissés à eux-mêmes. Dans les Balkans, le manque d’information disponible et l’absence de voies sécuritaires laissent place aux pires abus et encouragent à la fois l’expansion de réseaux de passeurs et la corruption.   Parcours d’Amin J’ai rencontré Amin, 19 ans, dans le camp de Dimitrovgrad en Serbie il y a plus de deux semaines. Comme la plupart des réfugiés ... >>>

4 janvier 2017

While Europe is securing its borders

As winter sets in, Europe’s gateways are slowly closing down on refugees. Every month, new fences are erected and discriminatory policies leave thousands of ‘’unapproved’’ refugees to wander about the EU borders. Since November, all of those who are not Syrian, Iraqi of Afghani are systematically refused at the Macedonian, Serbian and Croatian borders. Moreover, the European Commission revealed on Tuesday its new plan to strengthen security at its borders: if approved, the current EU border management agency Frontex would be replaced by an EU Border and Coastguard force with a doubled budget and increased personnel. According to Brussels, it would limit the migratory flow and save the Schengen zone. However, as Europe keeps itself busy discussing security at its borders, refugees on the road are left to themselves.  On the Balkan route, the lack of information available and the complete absence of route safety open doors to the worst kinds of abuse and encourage the expansion of smugglers’ networks and corruption. Amin’s journey I met 19 year-old Amin, in the camp of Dimitrovgrad, Serbia over two weeks ago. Like most Afghan refugees, he left his country after paying a 7 000 euro ‘’guarantee ticket’’ to have a local agent secure ... >>>

18 décembre 2015

Depuis la «jungle» bulgare: témoignages de réfugiés à Dimitrovgrad, Serbie

  Camp de réfugiés à Dimitrovgrad, Serbie. Six heures du matin, la brume couvre la route direction Dimitrovgrad. On arrive au camp de registrariat les yeux endormis avec deux caisses de bananes dans le coffre. Sur place, une cinquantaine de jeunes garçons sont assis et attendent derrière la grille. On pourrait les prendre pour une gang de locaux. Attirés par l’odeur du chai au lait et à la cannelle, ils s’éloignent de la tente fermée de la Croix-Rouge et s’approchent de notre petite tente bleue. On les accueille en Farsi, en Pashto, en Arabe. Ils nous saluent les yeux rouges de fatigue. Je note les marques sur les joues, les plaies sur les mains. Je leur demande comment était la route. Ils me regardent l’air sombre, secouent la tête, soupirent longuement. La réponse est la même chaque fois. «Mal. La police bulgare…très mal. Bagarre. Toute la nuit, dans la jungle.» L’alternative bulgare La principale route empruntée par les réfugiés est connue: depuis la Turquie, ils rejoignent la Grèce par bateau puis montent vers le Nord en passant par les Balkans. Un deuxième passage existe néanmoins, moins connu et moins achalandé, qui transite par la Bulgarie. Ceux qui n’ont pas les ... >>>

17 novembre 2015

Sur la crise des réfugiés: entre le discours et le réel

La crise des réfugiés en Europe a pris une nouvelle tournure cet été lorsque le boom médiatique a forcé la communauté internationale à reconnaître le drame et à discuter de plans d’actions concrets. Les images bouleversantes d’enfants échoués sur les plages grecques et d’autobus surbondés aux frontières des Balkans ont frappé l’imaginaire populaire et le globe s’est vite mobilisé pour tenter de saisir les revers de la crise. Cependant si beaucoup d’encre a coulé depuis, le portrait généralement brossé par les politiciens et les médias demeure pauvrement nuancé et les enjeux débattus autour de la question traduisent un décalage net entre le discours et la réalité du terrain. Réalité d’un camp à Presevo, Serbie J’étais dans un camp à Presevo il y a une semaine, une petite ville serbe à la frontière macédonienne où les réfugiés doivent s’enregistrer avant de repartir vers la Croatie. Les conditions sur place sont pénibles: peu d’installations, un manque de nourriture et d’abris, des températures de plus en plus froides et des files d’attentes longues de plusieurs heures. Je me suis joins à une poignée de volontaires indépendants et à des organisations locales qui tentent de répondre aux besoins des milliers de réfugiés qui transitent ... >>>

6 novembre 2015