Camp

Depuis la «jungle» bulgare: témoignages de réfugiés à Dimitrovgrad, Serbie

  Camp de réfugiés à Dimitrovgrad, Serbie. Six heures du matin, la brume couvre la route direction Dimitrovgrad. On arrive au camp de registrariat les yeux endormis avec deux caisses de bananes dans le coffre. Sur place, une cinquantaine de jeunes garçons sont assis et attendent derrière la grille. On pourrait les prendre pour une gang de locaux. Attirés par l’odeur du chai au lait et à la cannelle, ils s’éloignent de la tente fermée de la Croix-Rouge et s’approchent de notre petite tente bleue. On les accueille en Farsi, en Pashto, en Arabe. Ils nous saluent les yeux rouges de fatigue. Je note les marques sur les joues, les plaies sur les mains. Je leur demande comment était la route. Ils me regardent l’air sombre, secouent la tête, soupirent longuement. La réponse est la même chaque fois. «Mal. La police bulgare…très mal. Bagarre. Toute la nuit, dans la jungle.» L’alternative bulgare La principale route empruntée par les réfugiés est connue: depuis la Turquie, ils rejoignent la Grèce par bateau puis montent vers le Nord en passant par les Balkans. Un deuxième passage existe néanmoins, moins connu et moins achalandé, qui transite par la Bulgarie. Ceux qui n’ont pas les ... >>>

17 novembre 2015

Sur la crise des réfugiés: entre le discours et le réel

La crise des réfugiés en Europe a pris une nouvelle tournure cet été lorsque le boom médiatique a forcé la communauté internationale à reconnaître le drame et à discuter de plans d’actions concrets. Les images bouleversantes d’enfants échoués sur les plages grecques et d’autobus surbondés aux frontières des Balkans ont frappé l’imaginaire populaire et le globe s’est vite mobilisé pour tenter de saisir les revers de la crise. Cependant si beaucoup d’encre a coulé depuis, le portrait généralement brossé par les politiciens et les médias demeure pauvrement nuancé et les enjeux débattus autour de la question traduisent un décalage net entre le discours et la réalité du terrain. Réalité d’un camp à Presevo, Serbie J’étais dans un camp à Presevo il y a une semaine, une petite ville serbe à la frontière macédonienne où les réfugiés doivent s’enregistrer avant de repartir vers la Croatie. Les conditions sur place sont pénibles: peu d’installations, un manque de nourriture et d’abris, des températures de plus en plus froides et des files d’attentes longues de plusieurs heures. Je me suis joins à une poignée de volontaires indépendants et à des organisations locales qui tentent de répondre aux besoins des milliers de réfugiés qui transitent ... >>>

6 novembre 2015