Balkans

Pendant que l’Europe sécurise ses frontières

  Alors que l’hiver s’installe, l’Europe resserre son accueil aux réfugiés. Chaque mois, des nouveaux murs sont érigés et des politiques discriminantes forcent des milliers de réfugiés «non conformes» à errer aux frontières de l’Union.  Depuis novembre, tous ceux n’étant pas Syrien, Irakien ou Afghan sont systématiquement refusés aux frontières macédonienne, serbe et croate. Par ailleurs, la Commission Européenne a présenté ce mardi un plan pour renforcer la sécurité à ses frontières: l’objectif est de remplacer l’agence Frontex, qui gère présentement les frontières de l’Europe, par une Agence permanente de Garde-côte et de Frontières, qui jouirait d’un budget et d’un effectif deux fois plus important. Elle permettrait, selon Bruxelles, de limiter les flux migratoires et de sauver l’espace Schengen. Hors, pendant que l’Europe se tient ainsi occupée à discuter de la sécurité à ses frontières, les réfugiés sur la route sont laissés à eux-mêmes. Dans les Balkans, le manque d’information disponible et l’absence de voies sécuritaires laissent place aux pires abus et encouragent à la fois l’expansion de réseaux de passeurs et la corruption.   Parcours d’Amin J’ai rencontré Amin, 19 ans, dans le camp de Dimitrovgrad en Serbie il y a plus de deux semaines. Comme la plupart des réfugiés ... >>>

4 janvier 2017

While Europe is securing its borders

As winter sets in, Europe’s gateways are slowly closing down on refugees. Every month, new fences are erected and discriminatory policies leave thousands of ‘’unapproved’’ refugees to wander about the EU borders. Since November, all of those who are not Syrian, Iraqi of Afghani are systematically refused at the Macedonian, Serbian and Croatian borders. Moreover, the European Commission revealed on Tuesday its new plan to strengthen security at its borders: if approved, the current EU border management agency Frontex would be replaced by an EU Border and Coastguard force with a doubled budget and increased personnel. According to Brussels, it would limit the migratory flow and save the Schengen zone. However, as Europe keeps itself busy discussing security at its borders, refugees on the road are left to themselves.  On the Balkan route, the lack of information available and the complete absence of route safety open doors to the worst kinds of abuse and encourage the expansion of smugglers’ networks and corruption. Amin’s journey I met 19 year-old Amin, in the camp of Dimitrovgrad, Serbia over two weeks ago. Like most Afghan refugees, he left his country after paying a 7 000 euro ‘’guarantee ticket’’ to have a local agent secure ... >>>

18 décembre 2015

Sur la crise des réfugiés: entre le discours et le réel

La crise des réfugiés en Europe a pris une nouvelle tournure cet été lorsque le boom médiatique a forcé la communauté internationale à reconnaître le drame et à discuter de plans d’actions concrets. Les images bouleversantes d’enfants échoués sur les plages grecques et d’autobus surbondés aux frontières des Balkans ont frappé l’imaginaire populaire et le globe s’est vite mobilisé pour tenter de saisir les revers de la crise. Cependant si beaucoup d’encre a coulé depuis, le portrait généralement brossé par les politiciens et les médias demeure pauvrement nuancé et les enjeux débattus autour de la question traduisent un décalage net entre le discours et la réalité du terrain. Réalité d’un camp à Presevo, Serbie J’étais dans un camp à Presevo il y a une semaine, une petite ville serbe à la frontière macédonienne où les réfugiés doivent s’enregistrer avant de repartir vers la Croatie. Les conditions sur place sont pénibles: peu d’installations, un manque de nourriture et d’abris, des températures de plus en plus froides et des files d’attentes longues de plusieurs heures. Je me suis joins à une poignée de volontaires indépendants et à des organisations locales qui tentent de répondre aux besoins des milliers de réfugiés qui transitent ... >>>

6 novembre 2015