Éditorial : La fin du spectacle

Éditorial de 99%Média

La crise, une prophétie autoréalisatrice qui se construit à partir d’une définition erronée de la situation, provoquant un séisme qui rend vraie la prémisse fausse à l’origine. Une crise illusoire se concrétisant une fois les changements opérés, cherchant à frapper l’imaginaire  collectif et à créer un sentiment d’urgence avec des mesures bricolées, sans aucune cohésion et vision à long terme.

Ce qui compte, c’est que  la crise agisse comme moteur de déstabilisation, c’est le sabotage des institutions québécoises.

Le régime Couillard cherche à démontrer qu’il est prêt à tout, même à couper dans le transport des personnes handicapées, et à procéder à une réforme du réseau de la santé et des services sociaux qui privera la population de droits primordiaux.

Depuis son élection, un déluge d’annonces a accablé la population et les collectivités, avec, par exemple, des coupures dans les crédits d’impôt en recherche et développement, des compressions records dans les universités qui se traduiront par des abolitions de postes et une augmentation du nombre d’étudiants par cours, des réductions dans les honoraires des pharmaciens. La fin du principe d’universalité et la volonté affichée de punir les parents pour les journées d’absence en garderie tout en misant sur les garderies commerciales.  Un gouvernement s’en prenant à l’aide aux immigrants et les programmes de francisation, coupant dans l’aide aux artistes, et réduisant de 20% le crédit d’impôt pour la production cinématographique ou télévisuelle québécoise, pourtant une source de capital nouveau et qui génère d’importantes retombées économiques pour les artistes, créateurs et entreprises du Québec.

Ce gouvernement n’a aucun scrupule à couper les vivres à Solidarité rurale, à choisir la voie de la punition en ayant recours à  des «pénalités» pour les médecins au lieu de chercher des solutions de façon constructive.  Avec un ministre de la santé niant la détresse des jeunes médecins résidents et voulant faire payer les personnes âgées de plus de 65 ans pour le transport par ambulance tout en mettant fin à la gratuité des services de procréation, ce gouvernement sans compassion ne cherche qu’à semer la zizanie et à diviser les gens.

Les familles sont le ground zéro des attaques répétées de ce régime. En plus de la fin de l’universalité des garderies, des milliers d’élèves devront changer d’école si la réforme Bolduc est adoptée. Une preuve de plus que ce gouvernement cherche à ébranler les fondements de la société québécoise en s’en prenant directement à la cellule familiale.

Voyant la grogne montée, son premier réflexe est de rassurer le milieux des affaires.  Et dans le contexte de toutes ces annonces, les deux paliers ont l’odieux de dégager 100 millions pour repeindre un pont privé.

Voilà comment présentement on tue l’espoir d’une collectivité, on s’en prend aux familles, on recréé artificiellement un climat de morosité où tous seront en position de survie. La situation est tellement absurde tant il est évident que les moyens n’atteindront pas leurs fins qu’une seule conclusion s’impose : ce gouvernement est en mission pour mettre à genou la société québécoise, accomplissant  sa besogne avec une froideur clinique qui laisse craindre le pire. Lord Durham n’aurait pas fait mieux.

Un régime qui n’offre aucune vision d’avenir pour le Québec. Odieux manipulateur quand il utilise une rhétorique Argumentum ad hominem voulant que l’austérité soit «une façon de conserver nos acquis».

La fin du contrat social

Les Québécois et les Québécoises n’ont d’autres choix que de se mobiliser pour lancer un sévère rappel à l’ordre à l’endroit de ce gouvernement menteur et rancunier. Mais décrier les actions de ce régime idéologique ne sera pas suffisant. Ils et elles devront faire un pas de plus.

Les Québécois et les Québécoises devront, tôt ou tard, exiger la démission de ce gouvernement.

Le spectacle d’illusion orchestré par les firmes de relations publiques est maintenant terminé. Plus personne n’est dupe.

Après des dizaines d’années de corruption, la population québécoise possède les capacités suffisantes pour reconsidérer ses institutions politiques afin d’imposer un changement des règles du jeu établies par ses élites et qui se répètent à son détriment tous les 4 ans. Elle doit prendre le pouvoir, pour la première fois de son histoire, afin de jeter les bases de ce qui donnera un sens à sa destinée.

Des solutions existent. La population québécoise a la maturité nécessaire pour la mise en place d’une assemblée constituante issue de sa base pour la réécriture de ses instances politiques et ainsi reprendre les rênes de sa gouvernance.

Il en va de l’avenir du Québec. « On a tous la liberté de gagner», comme le disait Xavier Dolan.

 

MF.

3 Comments on Éditorial : La fin du spectacle

  1. François Dupuis // 29 novembre 2014 at 12:16 //

    Bravo. C’est le meilleur éditorial que j’aie vu depuis longtemps. En avant pour la constituante. Vous y croyez! Vous pouvez joindre l’Assemblée pour la constituante provisoire sur FB.

  2. Merci pour ce beau travail. Les journalistes des entreprises de presse n’ont pas d’espace comme celui-ci pour jeter cet autre regard si essentiel à la santé de la conscience publique. À mon point de vue, les entreprises de presse traitent l’information pour 80% du public. En ajoutant la couverture de 99%Média, c’est 99% des membres du public qui reçoivent l’information dont ils ont besoin pour comprendre le monde. Bravo!

  3. Nathalie // 30 novembre 2014 at 12:05 //

    Et voici le lien pour l’Assemblée constituante provisoire du Québec. https://www.facebook.com/ConstituanteQuebec ainsi que la page web de l’assemblée: http://www.lesstudiospulsar.com/acrq/Bienvenue.html

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