Des médias indépendants choqués par la poursuite de Richard Martineau
5 décembre 2016

Michaël Fortin 30 Articles
Documentariste, vidéaste et journaliste indépendant.
extrait d'une caricature publiée sur le site de Ricochet.

En éditorial, la revue l’Esprit libre s’inquiète des conséquences de cette poursuite et appelle à soutenir le média indépendant : «Nous ne pouvons que nous opposer à ce qui a l’apparence d’une poursuite bâillon et à toute tentative visant à limiter la pluralité des voix.Contrairement aux médias des grands conglomérats qui possèdent des moyens financiers importants, les médias indépendants n’ont pas la possibilité de se défendre contre de telles poursuites.»

Même son de cloche chez les Alter Citoyens qui dénoncent avec vigueur la poursuite de Richard Martineau : «Ce qui est plus enrageant encore est que Ricochet doive maintenant consacrer sous, temps et énergie pour gérer ce qui ressemble fortement à une poursuite bâillon au lieu de se concentrer sur sa mission journalistique et d’investir son énergie dans son développement. Faut-il le rappeler, les médias indépendants ne roulent pas sur l’or, ne font pas partie de grands conglomérats médiatiques et ont d’autres choses à faire, comme équilibrer le rapport de force médiatique, justement. »

Joint par 99%Média, Olivier D. Asselin, membre de Médias Libres et coordonnateur d’infos.media dénonce également : «Richard Martineau se fait le perroquet de son employeur Québécor : Comme la mise en demeure de Québécor à l’endroit du « Journal de Mourréal », le chroniqueur use d’une poursuite-bâillon pour tenter de faire taire un petit média indépendant qui utilise, en toute légitimité, la satire pour répondre à ses provocations éditoriales.»

Pour l’Association des journalistes indépendant du Québec, la poursuite « soulève de nombreuses questions quant à la protection des journalistes indépendants contre les poursuites abusives» et représentent un grave précédent.  Dans un communiqué,  l’AJIQ plaide pour un financement adéquat des médias indépendants.

«De plus, alors que la Loi sur la presse prévoit qu’aucune action judiciaire ne peut être intentée sans préavis contre une entreprise de presse, cette protection ne semble pas s’appliquer aux médias électroniques, comme Ricochet, qui ne sont pas enregistrés en vertu de la Loi sur les journaux et autres publications, vieille de plus de 50 ans.» ajoute l’AJIQ.

« Pourquoi M. Martineau a-t-il choisi de procéder directement avec une poursuite, plutôt que de demander une rétractation ou un droit de réplique. La Loi sur la presse précise par ailleurs qu’une telle action doit être entamée dans les trois mois suivants la prise de connaissance de l’article par la partie qui s’estime lésée. Pourquoi avoir attendu plus de six mois? », s’interroge Simon Van Vliet de l’AJIQ.

« Aujourd’hui, Ricochet lance une campagne de sociofinancement afin de récolter 50 000 $. Elle nous permettra de couvrir des frais juridiques substantiels et de mener une bataille vigoureuse et nécessaire devant les tribunaux. Nous faisons appel à la générosité et à la solidarité des gens qui défendent une presse libre, critique et indépendante » affirme Félix L. Deslauriers, responsable de l’opinion de Ricochet.

Ricochet est un média web indépendant, critique et bilingue fondé en 2014. La campagne de sociofinancement est en ligne à l’adresse suivante : www.ricochet.media/fr/

 


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