Bavures policières: vigile devant les bureaux de la Fraternité

C’est sous une douce pluie, complice de l’ambiance de l’événement, qu’un peu plus d’une trentaine de personnes se sont rassemblées devant les bureaux de la Fraternité des policiers et policières de Montréal cet après-midi. Répondant à l’appel de la Coalition Justice pour les victimes de bavures policières, les personnes présentes se sont recueillies en mémoire des personnes décédées durant des interventions des services de police et ont dénoncé une impunité dont profitent les policières et policiers impliqué(e)s.

vigile-brutalite-policiere_pld_20161022_003-1000-99

Alors qu’il s’agit à Montréal de la septième vigile annuelle, la date choisie l’est pour correspondre à un mouvement qui vit aux États-Unis depuis 1996. Devant six policiers, dont trois non-identifiés, qui bloquaient l’accès à l’édifice, des personnes décédées lors d’interventions controversées ont été nommées par Gabriella Garbeau et Jaggi Singh, qui ont aussi présenté le contexte de leur décès. Plusieurs proches de victimes ont également pris la parole.

Bridget Tolley, cofondatrice de la coalition et fille de Gladys Tolley qui fut tuée lors d’une collision avec une voiture de la Sûreté du Québec (SQ) en 2001, a déploré que le dossier d’enquête fut clos par le corps policier après 3 mois mais que la famille ne l’ait su que 13 mois plus tard, par la bouche d’un journaliste. Mme Tolley s’insurge également contre les services juridiques offerts aux policières et policiers aux frais de l’État mais pas aux familles qui contestent les conclusions officielles.

vigile-brutalite-policiere-gladys-tolley_pld_20161022_002-1000-99

Sans titre

Le militant Alexandre Popovic, figure connue de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), a parlé de sa démarche à l’intérieur des instances judiciaires. Il n’a pas caché sa stupéfaction devant le nombre de personnes à l’interne qui lui donnent raison sur l’incapacité du système judiciaire à dénouer ce genre de conflit. Un autre militant, Francis Mounadhel, a quant à lui relaté de quelques témoignages impliquant les troupes du SPVM. Il n’a notamment pas hésité à pointer du doigt un sergent-détective aujourd’hui retraité pour l’avoir directement menacé de mort s’il continuait à militer contre la brutalité policière. «Ces gens-là nous sacrent des volées à tous les mois et personne n’en parle!», déplora-t-il. «Il faut qu’on reste solidaire. Fuck the police.»

Malgré l’invitation de Jaggi Singh à rester pour discuter et profiter d’une sélection musicale, la vigile s’est terminée après les témoignages, alors que de nombreux autres policiers se joignaient à leurs confrères déjà sur place sans toutefois initier quelque intervention que ce soit.

En complément, voyez sur Facebook les témoignages de Bridget Tolley,  de Robyn Maynard et d’Alexandre Popovic filmés par Sylvie Carrière.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.